Livres ayant pour thème ou cadre l'Asie du Sud-Est

Aller simple pour nulle part

Disponible
Daniel Bouillot
Roman
13 x 19 cm
226 pages
ISBN 979-10-91328-91-3
18,00 €
livraison comprise
Expédié sous 4 à 5 jours (France)

Résumé

Alain est un frontalier tranquille, amoureux de sa compagne, qui vend ses conseils en communication à des clients suisses. Alors qu’il profite de sa pause pour manger un casse-croûte dans le cimetière des Rois, à Genève, il récupère un objet dans une poubelle publique. Il est loin d’imaginer que ce geste fortuit, associé à d’autres évènements aux conséquences plus létales, va bouleverser sa vie et l’emmener quelque part dans l’inconnu de l’océan Indien.

 

« Je suis là, devant elle, muet, incapable de la moindre réaction, bouche bée, un rien ballot, quoi. Pourtant, je perçois dans son regard une vague inquiétude ne demandant qu’à être rassurée. »

L'auteur

Auteur polymorphe, Daniel Bouillot développe une démarche créative mobilisant textes, sons et images.

Il a partagé l’essentiel de son temps professionnel entre la recherche, l’enseignement supérieur et le développement, à Annecy, d’un pôle d’excellence autour de l’image en mouvement.

Extrait

Aller simple pour nulle part

Roman de Daniel Bouillot

 

[…]

— Ce n’est pas une raison pour vider la bouteille de whisky dans ton Coca ! Si tu veux une tranche, prends donc le citron entamé dans le frigo. Et puis tâche de rester lucide, j’ai besoin de toi ce soir.

Geneviève a un don de double vue qu’elle n’exploite malheureusement que pour surveiller mon niveau de whisky. Je rentre dans le salon, mon verre à la main :

— Tu as besoin de moi ?

— Ne fais pas l’innocent, Alain. Tu sais parfaitement de quoi je veux parler. Je ne me suis pas habillée ainsi rien que pour faire joli dans le paysage. Je te donne trois mois, pas un de plus, pour me mettre en cloque. Je pense d’ailleurs qu’il vaudrait mieux pour ta réputation que cela se produise plutôt dans le premier mois… Et cesse de me regarder comme un poisson séché ! Tu as l’air tout empoté là, debout dans l’entrée. Pourquoi donc ne quittes-tu pas ta veste ? Viens te mettre à l’aise avec moi…

— Ah oui, tu as raison…

Je pose mon verre sur la table basse, me défais de ma veste et la lance vers le bras d’un fauteuil. Elle l’atteint après un vol assez peu coordonné, s’y plaque un instant pour glisser ensuite vers le plancher qu’elle atteint dans un ploc ! sourd qui me remet en mémoire ma trouvaille dans la poubelle suisse.

— Attends une seconde !

Je reprends ma veste et en extrais le petit objet de métal gris.

— Qu’est-ce que c’est que ça ?

— C’est justement ce que je voudrais savoir. Je l’ai trouvé par hasard au fond d’une poubelle, à Genève.

— Tu fais les poubelles, maintenant ?

— Eh, il faut bien préparer l’avenir !

Cet objet est indubitablement un appareil photo. Il en a tous les attributs : viseur, déclencheur, cadran de contrôle ainsi que divers boutons et ouvertures dont l’usage précis m’échappe pour l’instant. Seul détail : je ne lui vois pas d’objectif… Au centre du cercle noir se trouve cependant un autre petit cercle qui pourrait bien correspondre à une optique rentrée dans son logement, d’autant qu’on peut lire la mention « Canon Zoom Lens 24 – 48 mm 1:4,5 – 6,2 ».

De part et d’autre du cercle sont gravés en relief la marque de l’appareil : « CANON » et le nom du modèle : « IXUS ». Je distingue enfin dans le cercle noir un bouton discret avec la mention « On/Off » à peine visible. J’appuie dessus. Miracle ! Non seulement l’objectif sort de son logement en ronronnant, mais un petit flash se dégage de l’un des bords de l’appareil.

— Super ! On peut dire que tu as de la chance, dis donc. Qui donc a pu avoir cette idée sotte et grenue de se débarrasser d’un tel bijou ?

Geneviève s’est rapprochée de moi pour mieux examiner l’engin. J’actionne plusieurs fois le bouton « On/Off », puis vise au jugé le canapé en appuyant sur le déclencheur. L’éclair du flash emplit la pièce tandis que le bruit de l’obturateur puis d’un petit moteur électrique troublent notre silence ébahi. J’ai l’impression de me comporter comme un chimpanzé qui aurait découvert un canard en caoutchouc qui couine quand on appuie dessus.

— Tu comptes le garder ?

— Que veux-tu que j’en fasse ? Que j’aille le remettre dans la poubelle ?

— Je ne sais pas moi, la police, les objets trouvés…

— La police pour une telle babiole ? Quant aux objets trouvés, je ne sais même pas s’il y en a en Suisse ! Et puis tout de même, c’était dans une poubelle, non ?

— Tu vas donc le conserver.

— Pour l’instant, oui. Tiens, je vais faire développer les photos. Si elles peuvent m’aider à retrouver le propriétaire, j’aviserai alors…

— C’est une bonne idée. Il y a beaucoup de photos qui ont été prises ?

— Si ce que je pense est un compteur, il y en a eu cinq, dont celle que je viens de faire. Tiens, je vais en reprendre une pour vérifier…

 

[…]

 

— On ne sait pas vraiment, pas encore, du moins. Il n’est pas passé au Journal ce début de semaine, mais c’est assez courant avec lui. À la suite d’un coup de fil anonyme reçu hier après-midi, on a cherché à le joindre, sans succès. Alors on a prévenu la police…

— Tu me tiendras informé ?

— Pas de problème, vieux, appelle quand tu veux.

— Merci.

Je raccroche, complètement bouleversé, la gorge sèche, et un méchant serrement qui me remonte jusqu’aux yeux. Pascal, ce sacré pote… Je reste un long moment à regarder le vide derrière la fenêtre. C’est vraiment con, la vie…

La sonnerie du téléphone me ramène sur la moquette. Je décroche sèchement :

— Oui ?

— Oh, du calme, répond Marie, c’est encore Mlle Sulzer pour toi…

— Je prends.

Je ne laisse pas à ma correspondante le temps d’ébaucher une formule de politesse :

— Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?

— Vous avez eu le Journal ?

— Oui. On m’a dit pour Pascal. Allez-vous m’expliquer enfin ?

— Je n’ai pas le temps de vous donner des précisions au téléphone. Acceptez-vous de me rencontrer à l’aéroport ?

— Mais avez-vous conscience de ce que vous me demandez ?

— Savez-vous oui ou non ce qui est arrivé à Pascal Baudin ?

— Oui, criai-je excédé, il a été assassiné !

— Bien. Maintenant, acceptez-vous de venir ?

— Vous me forcez la main ! Aurai-je alors droit à des explications ?

— Je vous les donnerai en temps voulu, rassurez-vous.

— J’accepte de venir à l’aéroport, mais je ne vous garantis pas de partir avec vous.

— Ce n’est pas la peine. Prenez quand même ce que je vous ai dit de prendre, puis vous déciderez sur place.

— Hmmm…

[…]

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