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Les îles de la Sonde (Indonésie)

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Thierry Robinet
Parcours d’un grand voyageur
13 x 19 cm
250 pages
ISBN 978-2-494118-13-3
20 €
frais de port inclus (France et  international)
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Résumé

Qui n’a jamais été fasciné par les émissions de télévision Ushuaia, Thalassa ou Vu du ciel, les films de Yann Arthus-Bertrand ou le catalogue de Terres d’Aventure ? Dans ce livre, l’une des personnes qui rendent possibles ces rêves d’ailleurs sort de l’ombre.

Dans les mangroves et les jungles de l’archipel Indonésien, dans les cratères de volcans javanais et balinais parmi les plus dangereux au monde, dans les eaux cristallines grouillantes de vie des îles Raja Ampat, sur les pentes de montagnes des plus inhospitalières et méconnues de Papouasie, à bord de bateaux fabriqués artisanalement ou d’un Pilatus, l’auteur a, pendant une quarantaine d’années, effectué des missions de reconnaissance, parcouru d’innombrables kilomètres et ouvert la voie pour les autres.

Chapitre après chapitre, il partage avec nous ses joies, ses peines, ses amitiés, ses échanges interculturels avec des ethnies aux mœurs très éloignées des nôtres. Témoin direct du changement climatique, de la déforestation et de l’assujettissement des peuplades autochtones, il nous fait également part de ses inquiétudes qui sont à la mesure de l’immensité de l’Archipel.

L'auteur

Depuis 1977, Thierry Robinet a pour camp de base un village balinais où il a fondé une famille. Ce conteur intarissable puise dans quatre décennies de voyages, d’aventures, d’explorations et de rencontres qui l’ont amené à sillonner l’Asie, l’Afrique et l’Amérique. Organisateur d’excursions, guide, logisticien télévision, il est aussi hôtelier !

Extrait

Les îles de la Sonde (Indonésie)

Parcours d’un grand voyageur

Mémoires de Thierry Robinet

 

21 – Raja Ampat, un paradis retrouvé

C’est un joyau de l’Indonésie, un paradis oublié pendant des siècles et retrouvé aujourd’hui : l’archipel des Raja Ampat, entre la grande Papouasie (Papua) et l’archipel des Moluques. Voilà des années que je me rends à Sorong, ville charnière pour atteindre ces îles mythiques au parfum de bout du monde que sont Batanta, Gam, Mansuar, Waigeo, Misool, et des myriades d’autres. Sorong ressemble beaucoup à ces villes pionnières qui ont été construites à la va-vite sur l’emplacement d’un gros village.

Ancienne base américaine datant de la guerre du Pacifique, l’aéroport Jeffman se trouvait encore dans les années quatre-vingt à quarante-cinq minutes de bateau de Sorong, sur une île. Le pilote du Fokker F28 de la compagnie indonésienne Merpati ne devait pas se louper, car il devait poser les roues du jet en tout début de piste et freiner tout du long pour s’immobiliser à quelques mètres de la mer, là où l’île prend fin. Par mauvais temps, c’était pire, car du cockpit le pilote ne voyait pas grand-chose et posait son avion à l’aveuglette, inversant les moteurs et se tenant presque debout sur les freins, comme dans Vol 714 pour Sydney, l’album de Tintin.

J’affirme ce que je dis, car à une époque où le terrorisme aérien n’était pas monnaie courante dans le monde, en Indonésie, il était possible de demander au service de bord de la Merpati Airlines l’autorisation de visiter le cockpit, et pour ma part, j’ai même voyagé plusieurs fois assis sur le strapontin, juste en arrière du pilote et du copilote d’un Fokker à réaction, lors d’un vol aux nombreuses escales entre Jakarta et Jayapura. Une sacrée expérience, surtout par turbulences atmosphériques avec l’atterrissage loupé à Ambon, aux Moluques, où le pilote, voyant au dernier moment sous une pluie battante la piste de l’aéroport Pattimura, complètement sur sa gauche, tira instantanément le manche du Fokker lequel se redressa rapidement vers le ciel, non sans avoir tutoyé les quelques collines alentour. Vu de l’intérieur du cockpit, en compagnie du commandant de bord et de son adjoint, on n’éprouve pas la même sensation que si l’on est assis sur un siège passager. On fait corps avec l’équipage et, finalement, point de peur panique personnelle. À l’opposé, tous les passagers en cabine ne dirent plus un mot jusqu’au prochain arrêt sur l’île ensoleillée de Ternate, le pilote ayant refusé une seconde tentative à Ambon.

Idem à l’aéroport Jeffman de Sorong, où le pilote sait qu’il doit poser son appareil quelques mètres après être passé au-dessus de la belle plage de sable blanc pour être sûr de ne pas finir dans la mer, à l’autre bout de la piste d’atterrissage. Sinon, il continue son vol pour la prochaine destination.

Pendant l’escale nécessaire pour refaire le plein de kérosène, les passagers devaient obligatoirement descendre de l’avion et chacun pouvait librement aller se baigner ou déguster gambas et poissons grillés à la gargote du coin. Au signe du commandant, chacun reprenait sa place à bord, en direction de Jayapura, dernière escale sur ce long périple aérien. Jeffman marque à jamais ce moment unique d’une autre Indonésie. Tout cela n’est plus que souvenir, l’aérogare et le tarmac flambant neufs se trouvant désormais à Sorong même.

Partir dans les îles lointaines des Raja Ampat n’est pas chose aisée, car les ferries manquent souvent à l’appel et le meilleur moyen de parcourir cet immense territoire de mer reste le speedboat ou le bateau de croisière affrété. Andy, rencontré par le plus grand des hasards, un beau jour, à Sorong, m’attend sur la jetée du port. Il est britannique, a décidé de quitter le monde pour s’installer quelque part dans l’archipel et s’adonner à sa passion, la plongée sous-marine. Et créer dans le même temps un petit resort pour recevoir ses amis et de futurs clients tentés par l’aventure des profondeurs dans un espace vierge, inconnu du tourisme. Direction la grande île de Misool, quatre heures de bateau à vitesse rapide, et la croisée d’îlots karstiques à couper le souffle. Nous arrivons sur une petite île en forme de croissant du nom de Batbitim, plus proche de l’île de Céram (Seram) aux Moluques que de la Papouasie. C’est là qu’est né le Misool Eco Resort, fruit de la persévérance d’Andy et de Marit, sa compagne, mais surtout de Thorben, un Allemand charpentier de métier qui s’est laissé tenter par cette folle aventure au bout du monde. Tous les bungalows ont été construits avec du bois récupéré sur les plages des îles environnantes, avec le concours d’une main-d’œuvre locale venue des quelques villages côtiers de l’île de Misool. Un exploit !

Les îles Raja Ampat ont très certainement les eaux les plus claires qu’il m’a été donné d’observer en Indonésie. Pas âme qui vive à des lieues à la ronde, la flore marine est une palette multicolore qui éclate sous les rayons du soleil et profite aux myriades de poissons qui jouent entre gorgones, anémones et tables de corail. Une zone libre de près de 1 200 km2 a été créée, grâce à la ténacité des propriétaires du Misool Eco Resort et des autorités locales en accord avec la population. Synonyme pour tous de pêche interdite, et de pillage des ressources marines à la dynamite ou avec ces immenses filets qui raclent les fonds marins et ne laissent que le vide derrière eux. C’est grâce à cette richesse de la mer que les Raja Ampat sont uniques. Zone non perturbée depuis des siècles et, je serai tenté de dire, depuis des millénaires, non polluée, un vrai paradis pour plongeurs. Pour moi qui suis un terrien avant d’être un marin, je me suis déplacé plus souvent en pirogue à moteur vers les îlots karstiques qui composent le bas Misool, où une autre magie subsiste.

Et quel paysage ! Un dédale de ruelles de mer surplombé de falaises aux frises époustouflantes, un labyrinthe où l’on se perd aisément à tourner et se retourner en tous sens, pour déboucher sans que l’on s’en aperçoive dans un couloir terminant sa course sur une crique isolée.

Une fois posé le pied au bas des falaises abruptes, silence total, demeure des dieux, des ancêtres et de créatures bizarres. Une grotte s’ouvre, et avec mon piroguier nous avançons dans la pénombre ; le cri strident d’un cacatoès ameute une colonie de roussettes géantes qui s’envolent en nous frôlant. Deux écureuils volants effectuent un saut gigantesque d’un pan de falaise vers un arbre courbé au-dessus du vide. Au bout d’un tunnel interminable où il faut faire attention de ne pas s’emmêler les pieds entre rochers et arbres morts, la lumière refait surface et l’on se trouve comme par magie face à un lac intérieur bordé d’arbres géants et de lianes tentaculaires qui s’agrippent aux troncs et falaises. Le lieu a tout de la préhistoire, semble sortir d’un rêve et donne la singulière impression d’avoir fait un bond en arrière de cent mille ans.

« Personne ne vient jamais ici », me dit Josep qui soudainement retrouve de la voix. « Nos ancêtres, autrefois, déposaient dans les anfractuosités de rochers ou sur des plateformes aériennes, les corps des défunts. Nous sommes dans la demeure de Kéo Réo, l’esprit qui, du haut de ces falaises, protège l’âme des anciens. »

Une onde électrique me parcourt pendant quelques secondes, tant l’ambiance est irréelle. Dans ce lac d’eau douce, enclavé à deux pas de la mer, d’impressionnantes créatures filent à grande vitesse sous la surface translucide. D’énormes poissons, il me semble, mais mon piroguier ne sait pas vraiment et me parle d’un dieu-gardien « aux grandes nageoires », et personne de toute évidence n’ose venir seul ou pêcher ici.

Au fil des jours et des excursions au départ de l’île de Batbitim avec mon désormais fidèle compagnon Josep, nous explorons une autre île montagneuse, couverte de jungle et peuplée de dizaines de cacatoès. À l’abri des regards, après un parcours du combattant sur des roches basaltiques coupantes comme des lames de rasoir, un nouveau lac apparaît. Une eau douce, prisonnière de sa gangue rocheuse et florale, offre à la vue des milliers de méduses qui remontent en surface chercher la précieuse lumière. Je sais que ces méduses ne sont pas dangereuses, car elles vivent depuis des générations en eau douce et se sont débarrassées au fil du temps de leur poison urticant.

De damnée de la mer, la méduse, captive dans son lac, devient une créature belle et tendre que l’on prend le temps d’observer, de toucher et d’apprécier. Assis sur son rocher, Josep ne me quitte pas des yeux, curieux et inquiet, lorsqu’il me voit sauter à l’eau, m’éloigner du bord, et plonger pour être au contact de ces créatures bleutées ou jaunâtres pour certaines, translucides pour d’autres, aux longs tentacules aussi légers que l’air. Toucher, être frôlé et caressé par des dizaines de méduses sur le torse et les jambes nues est quelque chose de très particulier à la première expérience. Je l’ai également vécu dans l’île de Kakaban, située au nord-est de Kalimantan, avec Francis Le Guen pour son émission Carnets de plongée, ainsi qu’au nord de Waigeo, île des Raja Ampat, pour Ushuaia Nature, Thalassa, Les Nouveaux Paradis de la chaîne Arte et le superbe documentaire The Explorers Expeditions diffusé sur de nombreuses télévisions internationales.

La passion n’a pas de limites lorsque l’on se retrouve dans un territoire aussi extraordinaire que les îles Raja Ampat. Mon guide m’entraîne, par temps clair et mer clémente, à quelques kilomètres de son village natal de Fafanlap, à la croisée de roches et falaises dans une eau pure, vert tendre, resplendissante comme un miroir. C’est une autre rencontre insolite avec la vision de mains stylisées, d’animaux marins ou terrestres en applique sur une falaise qui effleure la mer. Des dizaines de milliers d’années auparavant, des peuplades migratoires auraient séjourné ou vécu dans des anfractuosités de rochers qui sont aujourd’hui sous la mer. C’était une époque où le niveau des eaux était beaucoup plus bas et permettait à des êtres entreprenants de migrer d’Afrique vers l’Asie et le Pacifique, via le continent indonésien qui était pratiquement rattaché à l’Australie par des langues de terre affleurant au-dessus de l’océan. Passionnant !

Plus au nord, au degré zéro sur l’équateur, il y a Wayag, île conte de fées qui me semble être le summum de la beauté terrestre. J’ai eu la chance de la découvrir à une époque où c’était une parfaite inconnue, esseulée et mystique, lors de la préparation de plusieurs tournages pour la télévision, dont Planète Océan, l’un des chefs-d’œuvre de Yann Arthus-Bertrand, la fameuse émission française Koh-Lanta et son équivalent américain, Survivor, beaucoup plus difficile pour les concurrents sélectionnés.

À Wayag, nager avec les requins à pointes blanches de fort jolie taille, dans le petit lagon près de la maison d’un garde forestier, reste un grand moment de joie. Les inoffensifs squales viennent se frotter contre mon corps, me donnent la primeur de m’accrocher à leur nageoire dorsale, et nous nageons à petite cadence, effectuant un bout de chemin avec eux.

Lorsque l’on contourne l’île sur son versant nord-ouest plus montagneux, se révèle à la vue du voyageur la sublime beauté de la Terre. Le Graal ! Eaux translucides d’une pureté absolue, plages de sable d’un blanc miraculeux, coraux multicolores qui affleurent à la surface de l’eau, et cette ascension presque à la verticale vers les sommets pour la découverte de l’Éden, le paradis retrouvé. Seul au monde.

Wayag, « matin du monde » dans l’archipel des Raja Ampat, en Papouasie occidentale.

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